L'actualité
Selon
le Monde, après une réunion ayant eu lieu en Octobre 2015,
les ministres pointent du doigt 36 villes en carence/manque de
logements sociaux. D'après la carte ci-dessous, les villes se
concentrent en grande partie dans le sud et sud-est ( Provence;
Alpes ; Côte d'Azur )
Mieux cibler les aides à la pierre
C’est
l’ancien ministre Thierry Repentin qui
a eu pour but de mobiliser
les
administrations et les collectivités locales pour céder
514
terrains de l’Etat et d’établissements publics comme la SNCF
et
la RATP.
Mais
Sylvia Pinel veut
aller
plus
loin en durcissant les obligations des 1022 communes concernées par
la loi SRU: un tiers des logements sociaux qu’elles créeront
devront relever
de
la catégorie la plus sociale, car beaucoup de loyers HLM sont
aujourd’hui trop élevés pour des locataires paupérisés.
La
nouvelle loi doit aussi transférer
aux
préfets de régions (et non plus de départements) la responsabilité
de prononcer les
arrêtés de carence. Car le bilan 2011-2013 de la loi SRU constate
de grandes disparités de traitement en fonction du préfet. Ce
dernier se montre sévère en termes de pénalités financières dans
le Var et les Alpes-Maritimes et l’est beaucoup moins dans les
Bouches-du-Rhône…
L’Etat
veut aussi
limiter la
production de HLM dans les quartiers qui en comptent déjà plus de
50 % du total des
résidences principales.
Un débat houleux en perspective
Ce
rééquilibrage est certes indispensable mais il se heurte à la
grande difficulté de construire en zone chère, ce qui capte tous
les financements et peut empêcher
de bâtir ailleurs.
Ainsi à Paris, 65% des logements sociaux sont situés dans trois
arrondissements, les 13e, 19e
et 20e, mais créer un logement social dans le 8earrondissement, qui
n’en compte que 3%, coûte 621000 euros, tandis
qu’en ajouter un
au 20e ne revient qu’à 88 000 euros.
En
dépit de sa volonté de rééquilibrage, la municipalité a donc,
ces dernières années, beaucoup plus préempté, acheté et
construit dans les arrondissements populaires et très peu dans les
déficitaires (4e, 6e, 7e, 8e, 16e). « Il
faut tout de même nous laisser construire
du logement intermédiaire ou étudiant dans ces quartiers »,
plaide Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris chargé du
logement.
Une bipolarisation des villes est donc à l’œuvre. «S’il y a des quartiers sensibles, c’est que d’autres sont “insensibles” », obtenir un HLM dans les zones attractives reste un défi et les chiffres le prouvent : 1,7million de ménages français sont inscrits sur liste d’attente et se partagent 483 000 logements attribués chaque année. Pour la seule Ile-de-France, ils sont 550 000 postulants pour 80 000 offres annuelles. Il y a donc 7 fois plus de demandeurs que de logements sociaux que d'offres rien qu'en Île de France.
